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  • George

L’art délicat de la Pâte de verre


Pour créer une pièce en pâte de verre, on doit tout d’abord mélanger « à froid » des granulats de verres (aussi nommé groisil et pouvant être de granulométries diverses) et des émaux broyés. Le mélange est déposé dans les creux d’un moule en plâtre réfractaire de la forme souhaité, moule qui est alors placé dans un four à la température moyenne de 800°C pendant plusieurs heures. Les grains s’agglomèrent pour former une pièce de verre homogène. Après un long refroidissement pour éviter les chocs thermiques et permettre aux bulles de gaz de remonter, le moule est cassé, libérant ainsi le modèle en pâte de verre. C’est le relatif aléatoire du mélange qui constitue le charme de la pâte de verre. Toutes les pièces obtenues par ce procédé ont en commun cette matière bullée un peu mystérieuse (les bulles résultant de l’air contenu dans le mélange) mais aussi une certaine opacité liée au fait que le verrier travaille du verre concassé recuit.

Les pièces créées sont tout à la fois des pièces fabriquées en série et des pièces uniques, puisqu’elles ne sont jamais ni tout à fait identiques, ni tout à fait différentes.

La première étape du travail est de créer le modèle d’origine. Plusieurs matériaux sont utilisables pour aider à sa réalisation : bois, argile, plâtre, pâte à papier… mais le plus souvent cire à sculpter. Elle est facile d’emploi, ne se déforme pas à température ambiante, se travaille à la main et à la spatule, se ramollit autour de 60°C et durcit au réfrigérateur.


Une fois le modèle original créé, il est moulé – généralement grâce à des élastomères - de façon à créer un moule qui lui-même servira à reproduire autant de fois que de besoin le modèle original. Pour se faire, on verse de la cire liquide légèrement chauffée dans le moule, une fois la cire refroidie elle est démoulée pour faire apparaître une copie conforme de l’original.



Les modèles en cire sont alors moulé un à un dans leur moule définitif en plâtre réfractaire. Un talon en cire, en forme de cône renversé, est d’abord fixé sous la pièce. Cet élément, appelé nourrice servira de réservoir pour la charge de remplissage du groisil. Lorsque le plâtre a pris, on procède au décirage. Le moule est traité à la vapeur aux environs de 150°C de manière à faire fondre la cire qu’il contient, qui va sortir du moule par simple gravité (c’est à cette étape que la technique doit son nom de « cire perdue »). En disparaissant, la cire laisse à l’intérieur du plâtre un espace correspondant exactement à sa forme d’origine. C’est ce moule en creux qui est chargé de recevoir les granulats de verre qui en fondant redonneront la pièce d’origine en pâte de verre.



La cuisson du verre est la phase la plus délicate du processus. Le moule et sa charge (groisil) sont introduits dans un four froid qui monte en température petit à petit. Lorsque la température déterminée de fusion est atteinte, il faut rester à la même température assez longtemps pour permettre à la chaleur de se répartir de façon homogène et laisser au verre le temps de remplir tous les creux du modèle. Vient alors le temps du refroidissement qui doit se faire de manière très lente et par paliers afin d’éviter les fissures ou ruptures de la pièce qui peuvent se produire tout particulièrement dans lorsque l’objet comporte des parties fines et d’autres épaisses qui refroidiront donc de manière différente. L’étape de refroidissement peut durer plusieurs jours.


Ensuite, il faudra « décrocher » la pièce de sa gangue de plâtre de manière très précautionneuse, scier la « nourrice », puis assurer les finitions pour éliminer les particules de plâtres qui peuvent être encore collées dans les creux... La pièce est alors terminée.


La cire a été perdue, le moule a été cassé. Il faut donc recommencer toute l’opération pour produire une nouvelle pièce.



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