l'exposition

Comme un avant-goût de votre visite, laissez-vous guider par Anne Camilli, Commissaire générale de l'exposition.

ANNE CAMILLI

Commissaire générale d'exposition

La prolifique collection de flacons de parfum de George Stam exprime parfaitement toute la richesse intrinsèque du parfum. Par sa qualité, elle a conquis les instances de la ville de Baccarat puis la Communauté de Communes au point de donner naissance à un magnifique projet de musée à Baccarat, au cœur de la région du Grand Est, berceau des savoir-faire du cristal.

Quelle histoire raconter ?

Avant d’évoquer la parfumerie préindustrielle, cœur de la collection de George Stam et vitrine de l’âge d’or de la «  parfumerie moderne », il me parut essentiel de remonter à son origine et de présenter quelques objets de parfumerie du siècle des Lumières. Au cœur du jeu de la séduction, ces objets reflétaient en leur temps, l’art de vivre à la française et pouvaient laisser augurer de l’émergence de la parfumerie de luxe.

Un podium pour mettre en scène

La thématique des couturiers parfumeurs largement présente au sein de la collection de George m’apparut bientôt comme un axe de réflexion susceptible de devenir le thème principal de cette exposition en raison des liens étroits tissés entre la mode et le parfum depuis plus d’un siècle. Les flacons et leurs coffrets ne forment-ils pas en quelque sorte, la garde-robe du parfum ?

Et si nous les mettions en scène sur un podium, à l’instar d’un défilé de mode ? Un défilé qui raconterait l’histoire de quelques couturiers parfumeurs du XXe siècle choisis pour leur rôle clé et leur talent. Un défilé où seuls, les flacons ambassadeurs du parfum seraient en lumière, portés par des silhouettes hiératiques. Un défilé où l’histoire de la mode serait évoquée sous la forme de croquis rappelant à chacun que le dessin est presque toujours le point de départ de la création. Un défilé où quelques robes couleur soleil se feraient l’écho de la robe d’or des fragrances contenues dans ces magnifiques flacons, clin d’œil à la fascination pour l’or « lumière, matière et couleur » si bien décrite par Michel Pastoureau et à l’intimité entre l’or et le parfum, présents sacrés liés depuis l’aube de la chrétienté…
 

Parcours olfactif et cabinet de curiosité

Un défilé ponctué d’un parcours olfactif retraçant les familles auxquelles appartiennent les parfums choisis parce que l’odorat véhicule nos souvenirs.

Mais un défilé de flacons, si beaux soient-ils, ne pouvait à lui seul exprimer, toute la richesse de la collection que George me dévoilait peu à peu. En tout premier lieu bien sûr, d’extraordinaires coffrets, reflets des Arts décoratifs de chaque époque, fragiles et périssables par essence, que l’on jette bien souvent et trop rarement présentés au public. Puis tout un ensemble d’éléments périphériques découlant du parfum : des poudres parfumées, des rouges à lèvres, des accessoires de beauté, des supports publicitaires ou promotionnels… tous étonnants par la qualité de leur réalisation et de leur conservation. C’est ainsi que je découvris un véritable trésor, une « caverne d’Ali Baba » dont le foisonnement allait permettre de mettre en lumière la diversité des métiers et des savoir-faire du parfum et de la mode. Une présentation sous la forme de cabinets de curiosité d’un nouveau genre, permettant de surcroit d’associer au parfum quelques accessoires de mode, me parut évidente.


Bien sûr certains choix s’imposèrent, d’autres furent cornéliens, mais il ne s’agit là que d’un premier chapitre de cette saga que nous vous invitons à découvrir.

Cette exposition est le fruit d’un formidable travail d’équipe et je tiens à remercier George Stam pour sa confiance, les élus qui l’ont portée et toute l’équipe qui a contribué à sa réalisation en particulier Jean-Louis Janin-Daviet pour son soutien de bout en bout.

Photographies : Ludmilla Cerveny